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Les
Papovaviridae
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Deux sous familles : Les
PApillomavirinae et les POlyomavirinae.
L’exemple le plus connu de
papovaviridae est les SV40 (Simian Vacuolating Agent). Le « va » de
papova vient du mot Vacuolating. Tous les virus ont des caractères
identiques mais des tailles de gènes différentes. Les papovaviridae
appartiennent aux oncornaviridae.
Ce sont des virus qui
infectent un grand nombre d’animaux.
Le 1er isolement
de polyomavirus a été fait par Goss en 1953 sur des souris. En 1960, le SV40
est découvert par Sweet et Hillman en cultivant le virus Sabin sur cellules de
singe. C’est en 1971 que 2 polyomavirus humain furent mis en évidence :
-
Le
BKV (Baby Kidney Virus) : mis en évidence chez un patient transplanté du
rein.
-
JCV :
cas d’une leucoencéphalopathie multifocale et progressive (apparition de foyers
multiples).
Le polyomavirus et SV40 se
cultivent très facilement, contrairement aux papillomavirus qui sont plus
difficiles.
Ce sont des petits virus
enveloppés de 45nm de diamètre de forme icosaédrique (pentons, hexons…). Trois
protéines principales de capsides : VP1, VP2, VP3. VP1 et VP3 vont former
72 capsomères composés de pentamères (5 sous-unités). 60 sont des hexagonaux,
12 sont pentagonaux. 360 copies de VP1 et 30 à 60 copies de VP2 et VP3.
VP1 a un résidu d’acide
sialique (site d’attachement du récepteur). Ces virus ont une propriété
hémagglutinante.
C’est un petit génome de 5.5kb
circulaire, double chaîne de séquence connue et codant pour 6 gènes. Dans la
particule, l’ADN est sous forme de mini chromosome (superenroulé) avec 4
histones cellulaires H2A, H2B, H3 et H4.
Deux gènes codent pour des
protéines de régulations, l’antigène T.
Différentes techniques
d’expression sont rencontrées :
-
Chevauchement
de gènes : extrémités CT identiques pour VP2 et VP3 mais des
extrémités NT différentes.
-
Epissage :
Le moyen Ag T et le grand Ag T ont des extrémités NT identiques et
des extrémités CT différentes. Les 2ème exon du grand T
contient complètement le 2ème exon du moyen T.
On a une origine de
réplication, ce qui induit une grande zone de régulation qui sont des zones
non-codantes régulant la transcription. Seul VP1 possède une partie ne codant
que pour elle, les autres partagent leur partie codante. Les Ag T sont facilement
détectables par immunsérum.
Elle est de type Kairns
(identique à celui des bactéries) avec juste un petit génome. Elle se décompose
en 3 temps :
-
Gènes
précoces
Ce sont ceux qui arrivent
avant la réplication, ils codent pour des protéines de régulation absentes du
virus qui vont dériver le système cellulaire sans causer de shut off. Ces
protéines de régulation vont être actives tout au long de l’infection car le
virus doit ménager la cellule.
-
Gènes
tardifs
Ils apparaissent après la réplication
du génome viral et vont exprimer les gènes de non régulation (protéines de
capsides).
-
Zones
de régulation
Zone comportant des
enhancers, silencers…
Le récepteur de SV40 est le
CMH I, celui du polyomavirus serait aussi CMH I (pas encore sur). Pour le site
d’attachement du polyomavirus il y aurait un acide sialique, ce qui
entraînerait un spectre assez large.
Au moment de l’entrée, VP1, 2
et 3 possèdent un résidu myristyl qui se lient aux protéines
membranaires. Il y a endocytose, la vacuole migre vers le noyau. Le
déshabillage a lieu après que la particule ait pénétré le noyau (la particule
entière rentre).
Deux phénomènes se
produisent :
-
Transcription
précoce
-
Réplication
de l’ADN + transcription tardive
Les messagers migrent dans le
cytoplasme par polyA pour y être traduit.
Rq : lorsque l’on a des
mutants VP1/VP3, on n’a pas déshabillage.
Le virus est sous forme de
minichromosome dans le noyau. Il utilise l’ARN polymérase II cellulaire pour
transcrire son génome. Le virus va donc dépendre de l’état de la cellule qui
doit être à l’état actif de transcription et réplication. C’est l’Ag T qui
dirige ces 2 étapes. La régulation des gènes précoces (Ag T) va se produire par
l’intermédiaire de l’Ag T lui-même (présence d’un enhancer très fort qui permet
une expression très rapide).
L’Ag petit T n’est pas
absolument nécessaire pour la réplication virale, on sait qu’il va réguler
l’expression tardivement et indirectement par une association avec des
protéines régulatrices cellulaires. Chez le polyomavirus, c’est un enhancer
alors que chez le SV40, ce sont 2*72 et 3*21 bases.
Si il y a trop d’Ag grand T,
il se fixe et bloquer l’expression des gènes précoces (early) ce qui favorise
les tardifs (late). Chez SV40, l’activation se fait par un switch différent.
Fixation sur les 72, blocage du late et activation du early.
Il va y avoir intervention de
l’ADN pol α (cellulaire), DBP (cellulaire) (DNA Binding Protein), la p53
et la p105. La réplication de l’ADN viral est initiée par la fixation du grand
T à l’origine. Lorsqu’il y a beaucoup d’Ag T, celui-ci va se fixer sur son site
de fixation ce qui provoque un shut off des early et allumage des late. La
fixation de T est du à un changement de phosphorylation. L’interaction pol
α-Ag T a lieu au niveau de l’origine de réplication. T fixe p53 ce qui
lève la régulation et entraîne une transformation.
Vient ensuite l’accumulation
de protéines virales, assemblage des capsides... (Cf. adénovirus).
La particule est finalement
exportée par des vacuoles jusque le lyse cellulaire (surtout chez les SV40)
(cycle complet in vitro est de 2-3 jours).
Deux possibilités au niveau
pathogenèse :
-
Cycle
lytique avec production de virus
-
Infection
abortive (évoluant vers une cancérisation)
La voie empruntée dépend du
type de cellule infectée :
Un polyomavirus, in vitro,
donnera une infection lytique sur cellule de souris, alors que sur rat ou
hamster, il donner une cancérisation. Le SV40 fait un cycle lytique chez le
singe et une transformation chez la souris. Le grand T est suffisant pour
provoquer l’immortalisation des cellules primaires chez les rongeurs mais elle
sera d’autant plus grande qu’en plus, il y a le petit T (les 2 partagent une
partie NT identique de 82 acides aminés).
Trois domaines sont impliqués
dans la transformation, ils induisent aussi des tumeurs chez les animaux. Si un
seul de ces domaines disparaît, l’inactivation est complète (plus de cancérisation).
-
Domaine
1 : Liaison à l’ADN, agit dans la réplication mais aussi dans le contrôle
de l’information oncogénique. Interaction avec les DNA J (protection protéique,
protéines chaperonnes).
-
Domaine
2 : Liaison avec la protéine RB (p105) ce qui empêche la p107 et 130
d’être phosphorylées.
-
Domaine
3 : Liaison à la p53. Le domaine de liaison à cette protéine est doublé.
Un nouveau domaine en CT
(cours d’étude) bloquerait l’apoptose.
Dans le petit T, un domaine
va se lier à la phosphatase PP2A (protein phosphatase 2A) ce qui augmente la
prolifération cellulaire. En NT, on a des régions de stimulation de T.
Le petit T peut s’associer à
la tubuline, le moyen T peut s’associer à des protéines cellulaires en
particulier à la PP2A, à des protéines oncogènes, et
stabilise même le complexe p53-T.
T va modifier l’environnement
cellulaire, affecter le cycle cellulaire et la réplication de l’ADN, va
augmenter la réplication du génome viral et mettre en route la transformation
cellulaire.
Ces types de virus sont de
très bons modèles d’étude de la réplication de l’ADN mais aussi mise en route
de l’oncogénèse.
On retrouve les 2 types
d’infection, infection productive qui mène au cycle lytique ou infection
abortive évoluant vers l’oncogénèse.
Il peut y avoir un changement
de métabolisme et mener vers un des deux. Le virus dépend beaucoup de l’état et
du type cellulaire (cf. réplication du génome).
Le JCV est associé à la PML
(Progressive Multifocale Leucoencéphalopathie) atteint la matière blanche du
cerveau ce qui entraîne une démyélinisation progressive des cellules nerveuses,
l’inflammation produite va se propager dans le Système Nerveux Central (SNC).
La conséquence est une dégénérescence des fonctions (proche de la sclérose).
Les personnes ciblées sont les personnes sensibles telles que les bébés,
personnes âgées, transplantés, immunodéprimés.
Le BKV (Baby Kidney Virus)
cause des problèmes respiratoires chez l’enfant. Il a été trouvé associé à des
tumeurs chez l’adulte sans avoir détecté des primo infections. La primo
infection varie selon la dose infectante, virulence de la souche et le terrain.
Ils ont pris de l’importance durant les 15 dernières
années. Le premier mis en évidence fut le PVH (PapillomaVirus Humain) et en
particulier le V, responsable d’un grand nombre de verrues (Hypodermodysplasie
verruciforme). Ils sont responsables de beaucoup de cancers génitaux car donnent
soit des verrues, soit des tumeurs (vagin, pénis, anus, bouche….).
Le 1er
papillomavirus a été mis en évidence en 1933 chez le lapin. Le 1er
humain fut découvert en 1907 (verrue). En 1970 eurent lieu les premiers
clonages des virus humains. Les progrès ont été réalisés grâce aux bovins
(intérêt financier et modèle animal).
Ce sont des virus nus, à
capside icosaédrique (72 capsomères) de taille 52-55nm. Le génome d’ADN de 7-8
kb, est double chaîne circulaire (présence d’histones, mini chromosome).
Seulement 2 protéines de
capsides sont présentes : L1 (protéine majeure) et L2
(protéine mineur en quantité).
L1 et L2
sont des protéines tardives, 6 autres protéines sont précoces.
E7 possède la
partie NT de E1. Il y a des chevauchements partiels (E2
et E4), le CT de E6 correspond au NT
d’E1 et le CT d’E1 est le NT d’E2.
E1 se réplique de
façon épisomale, il se multiplie dans le cytoplasme, il n’a pas besoin de
s’intégrer.
Il y a stimulation des
synthèses cellulaires.
La réplication se fait selon
le modèle de Kairns, l’ADN est bicaténaire, il y aura 2 phases. Au bout de 10 à
20h d’infection, la réplication du génome a lieu (précoce), les virions
s’accumulent (tardifs).
Il y a apparition de E3
et E8. (Il existe des ORF putatifs mais on ne connaît pas les protéines
synthétisées). Trois messagers différents, pour E2-E5,
donnent la même protéine. Ils ont des CT identiques mais des NT
différentes.
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Gene:
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Function:
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E1
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Initiation of DNA replication (helicase) |
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E2
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Transcriptional regulation/DNA replication |
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E3
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??? |
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E4
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Late NS protein; Disrupts cytoskeleton |
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E5
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Transforming protein, interacts with growth factor receptors, e.g. PDGF* |
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E6
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Transforming protein, binds to p53 leading to degradation |
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E7
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Transforming protein, binds to pRB (à la p105) |
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E8
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??? |
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L1
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Major capsid protein |
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L2
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Minor capsid protein |
*PDGF= Plattelets Derive
Growth Factor
Par épissages multiples,
chevauchements, déplacement du cadre de lecture, on obtient des protéines avec
des actions différentes (grâce à des domaines multiples). Les protéines
précoces NS (Non Structurales) vont intervenir dans la transformation
cellulaire. Les protéines transformantes varient d’un virus à l’autre. Il va y
avoir une sorte de confusion entre la fonction de la protéine et le mécanisme
de transformation.
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Ex : E2-E5 contient le NT
d’E2 et CT d’E5. E2-E5
peut interférer avec E2 et E5. Les protéines de
fusion amènent des confusions. La pathogénicité varie
selon la production de protéines de fusion. Si dans E2/E5,
E2 est caché (par sa configuration 3D), on favorise E5,
soit une transformation. |
Dans les cellules tumorales,
on a 2 cas différents :
-
Maintien
du génome
-
Disparition
du génome viral, c’est le « hit and run ».
Premièrement, E2
va d’abord se lier au promoteur précoce et fait décroître la production d’E6/E7
(bloque les synthèses). On a perte d’E2.
E7 va ensuite se lier à Rb105, il va y avoir
action sur les kinases (blocage des phosphorylations). Ce phénomène devrait
lancer l’apoptose. En parallèle, E6 bloque la p53, ce qui détruit
les protéines de régulation. E6 et E7 agissent sur des
protéines cellulaires qui vont modifier l’expression finale de l’infection.
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Ex : Si p53 se
lie à la protéine bax, il y aura liaison à E6 et apoptose. Si p53 se lie à la protéine
p21, il y a liaison à E7 menant à l’arrêt de la croissance. |
Ex2 : La protéine E7
des HPV est sensible à la protéine E1A (possède une domaine égal). T des SV40
jouent un rôle dans l’activation. Toutes ces protéines ont des cibles
identiques car ont des domaines identiques.
Elle se fait sous forme de
plasmide nucléaire (épisome), il y aura beaucoup de copies. Deux mécanismes
sont utilisés :
û
Réplication
plasmidique : dans les cellules dermiques non différenciées sous forme
active (50 à 400 copies/cellules).
Phase
: Réplication
indépendante de la cellule
Phase
: Quand le
nombre de copies atteint 50, la réplication se fait en même temps que la
division cellulaire (division synchrone). E1 régule cette régulation.
û
Réplication
végétative : a lieu dans les cellules terminales (ou différenciées comme
les cellules kératinisées par exemple). Le contrôle du nombre de copies est
perdu. La réplication de l’ADN s’emballe, on peut se retrouver avec des
milliers de copies par cellules.
Les virus sont répandus dans
la nature, ils sont présents sous forme de verrues puis propagation. Deux types
de verrues :
-
Verrues
superficielles : verrues plates.
-
Verrues
plantaires : très profondes dans le derme.
Rq : Verrues génitales =
condylome
Le traitement est local par
des produits caustiques ou azote liquide. Les verrues perdurent pendant
plusieurs années ou vont disparaître grâce aux
lymphocytes T cytotoxiques (CTL).
Les infections latentes
peuvent se déclarer ou pas suite à des UV.
Il existe une soixantaine de
HPV.
Les papillomavirus peuvent
être cancéreux. Ceux du col de l’utérus sont fréquents : 500000 cas/an en
1999. Ils sont la cause la plus forte de cancers mortels chez la femme.
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